C’est ici qu’on raconte le cœur de notre programme d’accompagnement artistique de chorégraphes émergent·es, le Metalab. Mais d’abord quelques mots sur le contexte dans lequel cet accompagnement se déploie afin de comprendre sa vision et ses objectifs. 

Le Metalab accompagne des chorégraphes émergent·e·s en envisageant la résidence comme un espace-temps de pré-production, entre recherche et début de création. Il laisse aux structures de production et de diffusion, ainsi qu’aux écoles et lieux de formation, la spécificité de leurs missions, pour creuser un espace et un temps d’expérimentation essentiels aux artistes émergent·e·s.

La spécificité du Metalab réside dans sa position de “maillon”, dans un mouvement constant entre intérieur et extérieur, processus et forme, prise de risque et structuration. Maintenir cet équilibre implique un processus souple, qui autorise les artistes à essayer, recommencer, ajuster. Un espace de dialogue continu, où se redéfinissent sans cesse les relations, les objectifs et les besoins de chacun·e. Le Metalab agit comme un abri ouvert : un espace qui protège tout en connectant au monde. Il relie l’immédiateté du geste créatif aux rythmes plus longs des programmateur·rices et aux attentes des publics.

Le processus implique 3 temporalités différentes, permettant de s’essayer et d’évaluer à chaque fois les aboutissements tout en envisageant de nouvelles perspectives. La temporalité d’écriture faisant appel à des dramaturges, auteur·rices, documentaristes ou autres. La temporalité d’expérimentation impliquant d’autres artistes. Et la temporalité d’ouverture aux publics.

Les organisateur·rices, les intervenant·e·s et les partenaires ne se mettent pas au service des artistes mais sont appelés à se rendre créatif·ve·s, autour d’un dialogue constant et hyper-partenaire qui s’ouvre dès la candidature. A cette occasion, est discuté avec l’artiste le plan d’accompagnement et les formules de résidences les plus appropriées pour son projet. Des objectifs et des besoins clairs sont énoncés et sondés.  Les pistes lancées seront ensuite explorées, modifiées et ré-ajustées à chaque étape du processus et à l’intérieur de chacun des formats de résidence spécialement pensés pour multiplier les sources de dialogue qui invitent à sortir d’une relation de travail classique et hiérarchique de l’équipe de création.

Les formules de résidence du Metalab proposent aux chorégraphes et à chacun·e des intervenant·e·s de partager son univers et son projet personnel, de travailler conjointement dans le lieu dans une optique d’observations et de contaminations synergiques. Ces formats expérimentaux proposent aux chorégraphes émergent·e·s de s’exercer à observer, à se nourrir et à intégrer la créativité des intervenant·e·s sans obligation ni pression. Les formats de résidence qui permettent de telles relations sont : la résidence d’écriture, la résidence-workshop, la co-résidence, la résidence technique, la résidence chez l’habitant ou la résidence ouverte.

La résidence d’écriture (1 semaine)

La résidence d’écriture est un moment de brainstorming et questionnement. Un·e dramaturge choisi·e en accord avec toi, t’accompagne dans ton cheminement à travers les questions dramaturgiques de ton projet, les possibles écritures autour de sa thématique, les moyens techniques nécessaires à sa réalisation, les formats, etc. Le.la dramaturge choisi·e dispose d’un budget lui permettant de t’accompagner durant 3 jours complets. Ce qui veut dire qu’il est aussi possible d’étaler l’accompagnement  sur plusieurs demi-journées afin de créer un parcours sur la semaine et de varier des moments à table et au plateau, ensemble et seul·e.

La résidence workshop (1 semaine)

La résidence-workshop propose aux chorégraphes de développer les questions de leur projet et son vocabulaire scénique dans un format d’atelier. Il s’agit de mettre au travail le groupe et la diversité des points de vue tout en s’exerçant à guider un groupe de participant·es à travers un processus d’expérimentation. Selon les envies et les enjeux des chorégraphes, certains workshops aboutissent à la présentation d’une forme issue des découvertes partagées avec un public amical (Workshot). Une occasion de célébrer cette expérience pour les chorégraphes comme pour les participant·es. La formule vise une situation “donnant/donnant” où les chorégraphes du Metalab ont la possibilité de travailler avec d’autres personnes qui expérimentent, quant à elles, un processus de création en passant du temps au sein d’une proposition artistique, qui leur permet d’accumuler des connaissances et de partager leurs avancées. Ces workshops sont gratuits pour les participant·es !

La co-résidence (2 semaines)

La co-résidence est un co-habitation de deux ou plusieurs artistes travaillant leurs projets individuels en même temps dans le studio. La particularité ici est que les autres artistes travaillent sur de sprojets plastiques et/ou visuels, proposant aux chorégraphes un aperçu sur d’autres disciplines artistiques, méthodes de travail  et questionnements. Cette formule propose d’observer comment l’ambiance, les objets, l’univers d’un projet influence l’autre projet et vice et versa, sans chercher à les combiner et sans obligation de résultat mais en se laissant contaminer par la différence des approches et des fonctionnements de chacun·e. La co-résidence est une rencontre entre les disciplines artistiques et permet aux chorégraphes de découvrir l’univers d’artistes en arts plastiques, textiles, littéraires, industriels, etc. Ces résidences seront organisées en 2027 en collaboration avec SB34

La résidence technique (1 semaine)

La résidence technique transforme un dispositif de formation destiné aux technicien·nes en un temps de recherche au service des chorégraphes que nous accompagnons.

Votre projet part-il d’une question technique ? La lumière, le son, la vidéo ou encore la scénographie occupent-ils une place centrale dans votre dramaturgie ?

Cette résidence propose de réunir un groupe de technicien·nes autour d’un enjeu de recherche spécifique lié à votre projet. Accompagné·es par un·e formateur·ice spécialisé·e, iels expérimentent collectivement à partir des besoins identifiés par le·la chorégraphe.

Ce format répond également à des enjeux de formation et de professionnalisation pour les femmes techniciennes, tout en prenant comme point de départ les nécessités techniques des chorégraphes émergent·es. En 2027, ces résidences sont menées en partenariat avec le collectif de créateurices en arts visuels, sonores et scénographiques, Spaw. 

La résidence chez l'habitant·e (1 semaine)

Ateliers, arrière-maisons, jardins, cabanes, garages, vérandas, greniers ou salons : certain·es habitant·es mettent à disposition des espaces insolites pour accueillir des artistes en résidence chez elleux.

Ces contextes permettent aux artistes d’observer, de rencontrer et de dialoguer avec un.e habitant.e/spectateur.ice, en s’emparant de lieux réels comme décors vivants. En interaction avec l’habitant·e, iels développent leur recherche jusqu’à une présentation in situ, partagée le dernier jour avec un public réuni par l’hôte.

En accompagnant les prémices d’une création, la résidence chez l’habitant.e encourage les artistes à intégrer dès le départ de leur projet, le point de vue du·de la spectateur·ice, en travaillant dans des espaces inattendus qui mettent les projets à l’épreuve. À la croisée d’une réflexion sur la relation avec le public et avec l’espace de représentation, cette formule stimule particulièrement les artistes émergent·es.

Dans l’intimité des foyers, se tisse une relation fragile et authentique avec des personnes souvent éloignées des théâtres et peu familier des langages chorégraphiques. Cette proximité transforme autant la réception que la création elle-même.

La résidence se conclut par un moment convivial où l’habitant·e invite ses proches à découvrir le travail en cours. La spontanéité des échanges et la diversité des regards viennent alors nourrir et parfois réorienter les projets.

La résidence ouverte (1 ou 2 semaines)

La résidence ouverte propose aux chorégraphes d’inventer un format à expérimenter avec un public. Pour certain·e·s il s’agit alors de créer un dispositif d’accueil d’un public intimiste invité à participer à certains aspects de la création. Cette forme de rencontre avec un public se prête volontiers à des rendez-vous individuels lorsque l’artiste souhaite passer un temps avec les personnes une par une. C’est ici aussi que les chorégraphes peuvent tester des formats de représentation autre que la forme classique frontale d’accueil du public. Certain·e·s artistes choisissent spécialement cette formule pour comprendre si le format spatial et temporel qu’iels envisagent pour leur projet sont pertinents, s’aidant du public pour procéder à des ajustements.

On peut également y questionner comment interagir avec le public pour les projets dont cette dimension est proéminente. 

On peut également inventer un format qui amène le public à donner un feedback live, faisant appel à sa réactivité et spontanéité.

Dans certains cas, ces résidences ont pour but la présentation d’une étape de travail et visent la venue des programmateur·ices et producteur·ices ciblés.

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